• Voici le témoignage de Julie
    Elle est venue consulter à la suite d'un accouchement traumatique. Une fois cet événement résolue, nous avons pris conscience de vieilles blessures d'enfance et avons continué à travailler sur son histoire de vie.

    Je la remercie pour son témoignage qui pourra aider d'autres femmes à prendre soin d'elle.
    Voici son témoignage:

     

    L’EMDR, j’y suis arrivée après un long chemin. Une amie me la conseillé, j’y suis allée, je ne savais pas à quoi m’attendre. Mais après avoir tenté plusieurs méthodes, je ne regrette en rien mon choix car c’est vraiment une thérapie époustouflante par son efficacité.

     Je suis allée consulter en rapport avec l’accouchement traumatique de mon premier enfant. J’avais des séquelles physiques mais également psychologiques et émotionnelles. Depuis 2 ans, je me trimbalais ce mauvais souvenir sans parvenir à l’apaiser.

    Je n’imaginais pas oh combien c’était lié à des événements antérieurs de ma vie. Comment mon cerveau avait fait des nœuds, des assimilations inappropriées, et que tout ça m’empêchait de vivre sereinement et paisiblement aujourd’hui.

     J’y suis allée pour un accouchement traumatique, j’y ai travaillé ma confiance en moi, mes émotions, ma force, mes ressources, mon moi petite fille, mes blessures.

     J’ai été épatée de ressentir physiquement des figements d’émotions que j’avais vécu, des vagues d’angoisse de quand j’étais petite, de la tristesse, de la culpabilité. Dans le bureau, face à mon thérapeute, j’ai eu envie de courir, de sauter comme un cabri, j’ai senti une force phénoménale partir de mon cœur, parcourir mes bras jusqu’à mes poings et je me suis vue dire haut et fort « YOUPI » !! accompagnée par mon thérapeute qui m’accompagnait dans ce regain d’énergie !!

     J’ai également compris pourquoi la mort accidentelle et douloureuse du chien d’un ami m’a touchée au point de faire bugger mon cerveau pendant des jours sans que je comprenne pourquoi, alors que je n’étais même pas présente au moment de l’événement.

    Outre le fait que enceinte mes neurones miroirs étaient hyper sensibles, mon cerveau avait fait le lien avec un événement que j’avais oublié, pas soupçonné...15 avant, ma grande sœur, enceinte  (comme moi) de 5 mois (comme moi), d’une petite fille (comme moi), avait perdu son chat, mort écrasé par une voiture. J’étais la ce jour la, je me souviens de sa tristesse, ce chat mort. Un mois après, elle a perdu son bébé. Mon cerveau lui a vu ça comme une prophétie : grossesse-accident-animal mort-bébé mort. Après la séance, quand je suis sortie dans la rue, je me suis sentie si légère ! Et l’histoire a cessé de tourner en boucle dans ma tête. Quel soulagement ! Un traumatisme vicariant. Ça porte un nom, et c’est quelque chose de normal. Ce n’était pas moi qui hallucinait !!

     J’ai compris aussi pourquoi aujourd’hui la culpabilité était si présente pour moi. Le manque de confiance en moi, de ne jamais avoir l’impression de satisfaire les autres et moi-même, cette exigence mais en même temps ce sentiment d’être incapable d’y arriver, de me sous estimer.

    Cette petite fille fragile que j’étais- que je pensais être plutôt- a été écoutée, entendue, dans ses blessures, dans ses émotions. JE me suis reconnectée avec elle grâce à l’EMDR.

    Après quelques séances, je me suis sentie plus forte, moins apeurée, j’ose plus me positionner dans mes paroles, j’arrive mieux à exprimer mes émotions. Je me sens moins dépendante des choses qui semblaient me rassurer avant. J’ai moins peur de la mort et de la séparation. J’ai plus de ressources en moi. J’ai plus confiance en moi. Je culpabilise moins.

     J’ai travaillé le passé, le présent et l’accouchement de mon deuxième enfant qui arrivera bientôt.

    Grâce à cette préparation, je me sens sereine et gonflée d’energie !

    Je sais que j’ai encore des choses à travailler afin de boucler la boucle et je retournerai sans hésiter consulter Monsieur Desbiendras car ce que l’EMDR m’a apporté ; la manière dont ça a ouvert mon esprit et comment ça l’a accompagné ; je ne l’ai trouvé nulle part ailleurs.


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  • Bonjour 

    Je suis intervenu pour la 2e journée de conférences de l'AFTD: association francophone du trauma et de la dissociation.

    Cette année le thème était "La traumatisation vicariante ou l'effet du traumatisme sur le soignant".
    Je suis intervenu spécifiquement sur:

    "Regard sur les soignants médico-psychologiques spécialistes des interventions d'urgences. Prendre soin de soi pour prendre soin des autres".

    Cette journée fut riche et belle en rencontres et en échanges. Je remercie l'AFTD de m'avoir permis de parler de ce sujet si important qu'est le fait de prendre soin de soi en tant que thérapeute. Je remercie également les intervenants le Dr Gabrielle Bouvier, Olivier Piedfort-Marin, Hélène Dellucci et Nadine Lyamouri pour les belles interventions.

    Le document de mon intervention est en libre accès ici:

     

     Télécharger Conférence AFTD, la traumatisation vicariante chez les spécialistes de l'urgence. N. Desbiendras

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 2ème journée de conférences organisée par l’AFTD

    Le samedi 10 Mars 2018 à Lyon.

    UNIVERSITE Catholique de Lyon, Campus CARNOT, Amphithéâtre VIALATOUX 23 place Carnot, 69002 Lyon M° Perrache (ligne A) - Tramway Perrache (T1) - Gare SNCF Perrache

     

    « LA TRAUMATISATION VICARIANTE OU L’EFFET DU TRAUMATISME SUR LE SOIGNANT »

     

    Programme: 

     

     

     

     


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  • Bonjour

    Tous les ans au mois d'août le cabinet est fermé. 

    La reprise des consultations se fait début septembre.

    Cordialement 


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  • Céline est une collègue psychologue.

    Elle a subis un traumatisme vicariant. C'est le traumatisme que subissent les soignants quand ils sont trop impactés par leurs patients. C'est une souffrance mal connue du monde médical et surtout souvent mal dépistée. Le traitement en est pourtant relativement simple en thérapie EMDR. Ce qui est important c'est que n'importe qui peut subir un traumatisme vicariant et que personne n'y est immunisé. Ce n'est ni un signe de faiblesse ni un signe d'une mauvaise hygiène de vie. Ça arrive, c'est tout. Mais des solutions sont possibles. 

    Le traitement du traumatisme vicariant de Céline s'est déroulé sur 2 séances de retraitement EMDR. 

    Je la remercie énormément pour son témoignage, il pourra aider de nombreux collègues thérapeutes à prendre soin d'eux. Voici son témoignage: 

     

    Trauma Vicariant

     Juillet 2017

     Depuis quelques années, ma charge de travail est importante et je suis confrontée à des personnes présentant des problématiques émotionnelles parfois difficiles comme tout professionnel de santé.

    Pour autant, j’ai mis en place des plages de temps pour me ressourcer de manière quotidienne, avec la pratique de sport en extérieur, proche de la nature et aussi en intérieur.

    J’ai une énergie importante et arrive à mettre de la distance, avec les traumas dont les patients se libèrent peu à peu.

    Certains cas, peu fréquents me trottent parfois dans la tête mais je les adresse alors en supervision ou en covision ou avec des collègues psy ou  avec des médecins ou autres professionnels de santé. Je ne me sens pas isolée, j’ai créé autour de moi des espaces d’écoute et d’échanges.

    En début d’année 2017, je ressens le besoin  de m’ancrer encore plus, je pratique déjà  la méditation Pleine Conscience, et je commence des méditations Heartfulness, dans un centre toulousain. Je vis mon métier avec bonheur et satisfaction. J’envisage de continuer à me former au fil des ans.

    Lors d’une séance de méditation, une douleur au cœur apparait avec quelques flashs d’images de mon passé mais je parviens à me recentrer et trouve du plaisir à ses rencontres avec moi-même.

     En juin 2017, je reçois une patiente qui est envahie par des angoisses débordantes de mort suite au décès de sa tante qui s’est jetée dans une rivière un an avant. Je traite ce trauma en EMDR avec l’identification de la pire image et la patiente peu à peu ressent du mieux être, comme une prise de distance par rapport à la scène.

     Et, tout à coup, sans signe avant coureur, en pleine nuit, je suis réveillée par des angoisses de mort, impérieuses qui m’envahissent. Je ressens l’urgence de me faire hospitaliser, pour me protéger de moi, je me sens en danger, ces idées de mort sont omniprésentes et des scénarios de passage à l’acte s’imposent à moi, principalement par noyade ou pendaison.

    Je me rapproche de mon médecin, commence un traitement antidépresseur et anxiolytique,

    Je commence quelques séances de thérapie classique, puis en EMDR avec un thérapeute puis un autre, ce qui ne donne pas d’amélioration,

    Le diagnostic posé par les différents interlocuteurs du secteur médical est plutôt le burn out et un deuil auquel j’ai été confronté 4 ans auparavant non travaillé et peut être aussi le départ d’un de mes enfants.

    Tout ceci est là en même temps, je vis un enfer, au quotidien, je suis une vraie loque, je ne me reconnais plus, moi, si dynamique, je suis sans énergie, comme si un court circuit avait éteint mes capacités physiques et intellectuelles. Je ne vois pas d’autres solutions que de mourir.

    Je pars en vacances, forcé par mon conjoint, je suis un robot, un zombie, je n’ai plus accès à mes ressources, à mes pensées rationnelles, à mes activités physiques qui me font d’habitude tant de bien, je n’aspire qu’à mourir. Je ressens de la honte d’être dans cet état par rapport à ma famille proche, comme si je n’avais pas su me protéger.

    Tout est mélangé, dans ma tête, mes patients, le deuil d’il y a 4 ans, le départ d’un de mes enfants. Je cherche des documentations là-dessus, je trouve celle du trauma vicariant, je ne comprends pas toutefois comment m’en sortir, je remplis le protocole approprié mais cela ne change rien.

    Ma collègue médecin me conseille de continuer mon activité, dès mon retour de vacances,  elle me fait des séances d’ostéopathie, et travaille sur mon cœur, ce cœur qui saigne comme si un couteau était planté dedans depuis cette fameuse nuit de juillet 2017. Elle prend rdv pour moi avec un psychiatre fin aout et me donne des coordonnées pour me faire suivre en EMDR. Je ne veux pas aller voir le psychiatre, je ne veux pas… j’y vais quand même…

    Fin aout la psychiatre parle de burn out et souhaite que j’arrête mon activité et prenne du repos ou me fasse hospitaliser pour me mettre à l’abri. Elle me dit que cela va prendre du temps.

    Ma collègue médecin, quant à elle, n’est pas d’accord, elle me propose de continuer mon activité de manière plus légère et n’arrête pas de me dire que cela va passer mais qu’il faut que je travaille la fracture qui s’est ouverte.

    Je parviens à continuer mon activité, j’allège mes journées, prends des pauses, écoute des petites méditations, c’est difficile mais au fil des jours, cela va de mieux en mieux.

    Je n’arrive pas à me résoudre à prendre rdv en EMDR avec un thérapeute. J’ai déjà essayé , j’en ai vu 2 et cela n’a rien donné. De plus, J’ai peur de travailler sur les images intrusives. J’ai peur que cela « flambe « de nouveau.

    Cette collègue médecin m’encourage et me dit qu’il faut le faire. 

    Quand j’ai le rdv avec le thérapeute, je ne veux pas y aller,

    Il m’explique que ce n’est pas un burn out, du fait que ce trauma a explosé littéralement du jour au lendemain. Il met des mots sur ce que je vis. Il me dit que le plus dur est passé, que cela ne va pas être autant de mois de convalescence, qu’il a déjà vécu cela, que j’ai mis des choses en place pour me protéger mais que cela peut arriver.

    La 1ere séance, il me demande de proposer une marche à suivre, j’en suis incapable, tout se mélange dans ma tête, j’ai bien ma feuille avec le protocole mais pas d’idée pour enchainer et je suis obligée de le suivre dans ces propositions.

    nous ciblons l’image, et cela s’estompe peu à peu, mon cœur me fait toujours mal.

    Je sors malgré tout de cette séance rassurée et confiante.

    La 2nde séance après réévaluation de la scène initiale de la séance précédente, nous passons au protocole du futur,

    Je n’ai pas d’inquiétude sur une scène en particulier, comme un suicide ou autre mais mon inquiétude porte plutôt sur un patient qui présenterait une situation qui me ferait à nouveau perdre pieds, sans savoir précisément aujourd’hui ce que cela pourrait être. Nous le traitons et à nouveau je garde toujours mal au cœur à la fin de la séance.

     

    En conclusion,

    La psychiatre est très surprise de la rapidité de mon mieux être. En effet mi septembre je suis en possession de mes moyens, « comme avant ».

    Aucun thérapeute sur mon chemin ne m’a aidé à comprendre ce type de trauma à part le dernier. Cela m’a énormément soulagé de comprendre ce qui m’était arrivé et de comprendre aussi que cela pourrait se reproduire mais que j’allais mettre en place encore d’autres moyens de me protéger et de m’ancrer, style Yoga, Ch Gong et que la prochaine fois, je saurais qui aller voir.

     

    Je dois continuer à faire attention à moi, je suis encore en convalescence, je dois me mettre des limites et « écouter mon cœur, mon corps »

     


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