• Une rencontre avec le "réel de la mort"

    Une rencontre avec le « réel de la mort »

      Les Grecs anciens disaient que la mort ne nous concerne pas. Quand on est vivant, on n’est pas mort ; quand on est mort, on n’est plus là pour penser ce que c’est que d’être mort. Freud disait la même chose d’une façon moins amusante : nous savons tous que nous allons mourir, mais nous n’y croyons pas. Nous vivons comme si nous étions immortels. La mort ne figure pas dans l’inconscient, et d’ailleurs par quoi pourrait bien être représenté le néant ? Lors de l’effraction de l’image traumatique, cette image du réel de la mort, il n’y a aucune représentation pour l’accueillir, la prendre en charge, la lier à d’autres représentations.

     

    Nous ne percevons jamais le réel, mais une réalité prise dans une signification déjà là. Nous décodons le réel au travers de filtres qui sont des « grilles de décodages du réel » issues de différents environnements et d’apprentissages. C’est ainsi que deux témoins d’une même scène en feront des récits différents. C’est ainsi que se forment les souvenirs de plus en plus déformés avec le temps. Il n’y a pas de souvenir dans le traumatisme, c’est une perception brute, figée, comprenant de manière « primaire » les informations non digérées (et non décryptées au travers de nos grilles de décodage du réel). Cette perception brute se répète, toujours la même, avec le sentiment si angoissant que l’événement traumatique est en train de se reproduire encore et encore. Dans cette perception brute, nous y trouvons les cognitions négatives, les images, les sons, les odeurs, les émotions, les sensations physiques. Tout cela n’est ni digéré, ni décrypté car nous n’avons pas réalisé ce qui nous est arrivé. L’humain est condamné à répéter tant qu’il n’a pas réalisé ce qui lui était arrivé. Face au traumatisme le phénomène de réalisation n’existe plus.

     

    Pour Lebigot, trois types de situation réunissent les circonstances d’un possible traumatisme psychique :

     

    • la menace vise le sujet lui-même : accident de la route, menace de mort, agression …,

    • la mort d’un alter ego sous les yeux du sujet, sachant que tout humain a vocation à être un alter ego,

    • la mort horrible : l’horreur n’est pas absente des cas précédents, mais ici c’est le caractère collectif de la chose qui crée le sentiment d’insoutenable du spectacle… outre la vision de cadavres et de mourants, il y a aussi l’état des corps. 


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